Ancres Chirurgicales

La réparation chirurgicale des tendons utilise un matériel spécifique appelé “ancres” chirurgicales.

Il s’agit de dispositifs médicaux de pointe qui permettent un ancrage solide des tendons sur l’os.

L’auteur de l’article

Docteur Mikaël CHELLI

Chirurgien orthopédiste, avec une hyperspécialisation en chirurgie de l’épaule et du coude

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Qu’est‑ce qu’une ancre chirurgicale ?

Une ancre est un dispositif permettant de fixer un tissu mou (tendon ou ligament) à l’os. Elle est composée de trois éléments :

  1. L’ancre : une petite pièce insérée dans l’os. Elle peut être vissée ou insérée par pression, un peu comme une cheville ou une vis.

  2. L’oeillet : un trou ou une boucle dans l’ancre par lequel passe les sutures

  3. La suture : un fil solide qui relie l’ancre au tendon. Il peut être résorbable ou non. Certaines ancres comportent plusieurs fils

Une fois l’ancre insérée dans l’os, les sutures sont passées à travers le tendon déchiré et nouées pour le plaquer contre l’os.

Sur le schéma ci‑dessous, on voit une ancre fixée à l’os avec des sutures bleues attachées au tendon.

Représentation schématique d’une ancre chirurgicale. Actuellement, la plupart des ancres utilisées sont résorbables contrairement à celle du schéma qui est métallique.

Pourquoi utilise‑t‑on des ancres ?

Lorsque la coiffe des rotateurs se déchire, le tendon se détache du sommet de l’humérus. Pour réparer cette rupture, le chirurgien passe des sutures résistantes dans le tendon puis les relie à des ancres fixées dans l’os.

Ces ancres maintiennent le tendon en place pendant la cicatrisation et permettent d’utiliser des incisions minimales lors d’une réparation arthroscopique.

L’opération consiste essentiellement à :

  • Retirer les tissus endommagés et préparer l’os : c’est le débridement. Cela permet d’avoir des tissus sains en contact l’un de l’autre et de favoriser la cicatrisation

  • Mobiliser le tendon déchiré pour le ramener à sa position d’origine. C’est ce qu’on appelle la réduction.

  • Fixer l’ancre dans l’os et passer les sutures dans le tendon, puis serrer les nœuds.

Avant l’essor des ancres, les chirurgiens utilisaient des tunnels osseux pour passer les sutures. Les ancres ont simplifié la technique chirurgicale et favorisé le développement de techniques arthroscopiques.

Il est important de noter que l’ancre et les sutures ont une utilisé temporaire. En effet, l’objectif de la chirurgie est de faire cicatriser les tendons sur l’os. Les sutures permettent de maintenir le tendon sur l’os le temps de la cicatrisation mais la solidité maximale est obtenue grâce à la cicatrisation biologique du tendon.

Faut-il retirer les ancres ?

Non, il n’est pas nécessaire de les retirer une fois la cicatrisation obtenue. Elles peuvent rester à l’intérieur de l’os sans gêner. De nombreuses ancres sont d’ailleurs résorbables et disparaissent progressivement spontanément.

En quoi sont faites les ancres ?

Le choix de l’ancre dépend du type de rupture, de la qualité de l’os, du tendon et des préférences du chirurgien. Il existe 4 principaux matériaux utilisés pour les ancres.

Ancres en métal

Généralement en titane ou en acier inoxydable.

Leur fixation est permanente et elles offrent une excellente résistance. Ces ancres restent dans l’os et n’ont pas besoin d’être retirées. Elles peuvent produire des artéfacts sur les examens d’imagerie et déclencher certains portiques de sécurité. Elles sont de moins en moins utilisées pour la chirurgie de la coiffe des rotateurs.

Ancres en plastique inerte

Il s’agit du PEEK ou Polyéther‑éther‑cétone.

Il s’agit d’un matériau solide et radiotransparent. Les ancres en PEEK ne se voient pas aux radiographies et sont bien tolérées. Elles ne se résorbent pas et restent en place comme les ancres métalliques.

Ancres biocomposites / résorbables

Mélange de polymères biodégradables et de céramiques (par ex. PLGA, ß‑TCP).

Se dégradent progressivement et sont remplacées par de l’os en 18 à 36 mois. Elles peuvent provoquer un léger gonflement ou une réaction locale pendant la résorption.

Ancres textiles

Elles sont composées uniquement de sutures, tressées de manière à s’expandre dans l’os pour s’y fixer solidement.

Très petite, nécessite un trou osseux minimal. Elles s’intègrent au tendon et sont radiotransparentes. Leur utilisation se développe pour les fixations multiples de petite taille. Elles sont par exemple souvent utilisées pour la ténodèse du long biceps.

Ancres textiles avant et après expansion.

La tige métallique permet simplement de guider et de positionner l’implant. Elle est retirée après implantation de l’ancre.

Docteur Chelli

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