Quels paramètres sont analysés par un chirurgien devant une rupture de la coiffe des rotateurs ?
Il existe des variations importantes dans la gravité des lésions de la coiffe des rotateurs.
Toutes ne nécessitent pas une chirurgie. Il y’a notamment 3 paramètres primordiaux que votre chirurgien va analyser.
L’auteur de l’article
Docteur Mikaël CHELLI
Chirurgien orthopédiste, avec une hyperspécialisation en chirurgie de l’épaule et du coude
1. Quelle est la taille de la rupture du tendon ?
La première chose observée est la taille de la lésion tendineuse, le plus souvent au niveau du tendon du supra-épineux.
Cette mesure se fait sur des images d’IRM, dans un plan dit coronal, c’est-à-dire lorsque l’on regarde l’épaule de face.
Certaines ruptures sont petites et limitées, d’autres sont plus étendues.
La taille de la rupture est un élément clé, car elle influence la stratégie thérapeutique et le potentiel de récupération.
2. Le muscle présente-t-il une infiltration graisseuse ?
Le deuxième point majeur est l’état du muscle relié au tendon rompu.
Lorsque le tendon ne joue plus son rôle, le muscle peut progressivement se transformer et être remplacé en partie par de la graisse : on parle alors d’infiltration graisseuse musculaire.
Cette transformation est visible à l’IRM.
Plus l’infiltration graisseuse est importante, plus le muscle a perdu sa capacité à fonctionner normalement.
C’est un critère déterminant, car une infiltration graisseuse avancée signifie que le muscle, même réparé, ne pourra plus fonctionner efficacement.
3. Quel est l’espace sous-acromial ?
Enfin, les chirurgiens évaluent la hauteur de l’espace sous-acromial sur les radiographies standards.
Cet espace correspond à la distance entre :
le tendon du supra-épineux
et l’os situé juste au-dessus, appelé l’acromion
Lorsque cet espace est normal, le tendon dispose de suffisamment de place pour fonctionner.
Lorsqu’il est diminué, cela traduit souvent une rupture ancienne avec une ascension de l’humérus.
Un espace sous-acromial très réduit est un élément défavorable, car il empêche le tendon de fonctionner correctement et constitue une contre-indication formelle à certaines réparations.
Docteur Chelli
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